L’arsenic, la suite !

L’arsenic n’est pas une matière qu’on se procure aisément. Il se vend au prix fort, sous des porches où même le junkie le plus desséché n’oserait s’avancer. Il faut descendre des marches, pousser des portes, cogner des gueules. Séduire est nécessaire. Tuer peut aider. Mentir n’avance à rien mais reste indispensable. C’est à croire que cette substance a valeur de sentiment. Je parvins donc à m’en procurer quelques grammes. Ça ne pesait pas lourd mais quel artifice ! Deux heures plus tard je tutoyais les fourmis et chantais des cantiques en catalan. J’étais debout, mais parfaitement horizontal. Je tournais à la vitesse d’un diamant encore engoncé dans son prisme de carbone. Le temps était une maquette et la seule colle dont je disposais était la morve qui coulait de mon nez sur ma chemise d’apparat. À peine avais-je inhalé l’arsenic que le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en caméléon et d’un garçon de classe qui portait une grande oriflamme. Overdose in extremis.

Cela étant dit, qu’est-ce que l’arsenic ?

Encore Claro, et toujours Madman Bovary. 

L’arsenic selon Claro.

« Qui n’a pas entendu le chant métallique de l’arsenic, auquel se mêlent les rires enchevêtrés du cristal, sa violente distillation dans ce sac à sucs qu’est la mémoire, risque de ne point apprécier à sa juste mesure l’aria qu’ânonne une agonie digne de ce nom.

Cela étant dit, qu’est-ce que l’arsenic ? »

Claro, Madman Bovary

« C’est « l’entrée en matière » de Madame Bovary, le seul roman de Flaubert que j’ai lu et relu plus de dix fois… »

« Madame Bovary : je te connais par cœur. Tu seras ma salvatrice musique d’ascenseur, mon passeport « easy listening » pour le monde des vivants, ou des zombies, peu importe, je corserai l’eau bénite s’il le faut, mais je survivrai au passage. Lire est évident, comme le mouvement de bascule du tabouret lorsque la corde se tend. »

Madman Bovary,
Claro.