La poésie du mercredi (#61)

Notre invitée du jour est la poétesse contemporaine Emmanuelle Favier avec ce poème sans titre extrait de « La Fracture amoureuse », paru dans le recueil Le Point au soleil aux éditions Rhubarbe en 2012 (dont je vous recommande la lecture !).

Je repars, vers le haut, 
Tandis que tu descends
L’eau s’écoule en pans vastes sur cette colline urbaine
Comme sur les plages
Où tu m’as montré
Que la mer était autour de nous parfois
Que la mer était notre débâcle
Que la mer était cette aube où nous nous déployions
Où nous dégorgions le vide emporté de la terre
Mais ce n’était que le bitume qui dégorgeait ses chaleurs
Et je repars en claquant ses algues de pétrole
En me mouillant les pieds
Tandis que dans mon dos
Tu descends pressé la colline et ses mares

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