L’arsenic, la suite !

L’arsenic n’est pas une matière qu’on se procure aisément. Il se vend au prix fort, sous des porches où même le junkie le plus desséché n’oserait s’avancer. Il faut descendre des marches, pousser des portes, cogner des gueules. Séduire est nécessaire. Tuer peut aider. Mentir n’avance à rien mais reste indispensable. C’est à croire que cette substance a valeur de sentiment. Je parvins donc à m’en procurer quelques grammes. Ça ne pesait pas lourd mais quel artifice ! Deux heures plus tard je tutoyais les fourmis et chantais des cantiques en catalan. J’étais debout, mais parfaitement horizontal. Je tournais à la vitesse d’un diamant encore engoncé dans son prisme de carbone. Le temps était une maquette et la seule colle dont je disposais était la morve qui coulait de mon nez sur ma chemise d’apparat. À peine avais-je inhalé l’arsenic que le Proviseur entra, suivi d’un nouveau habillé en caméléon et d’un garçon de classe qui portait une grande oriflamme. Overdose in extremis.

Cela étant dit, qu’est-ce que l’arsenic ?

Encore Claro, et toujours Madman Bovary. 

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13 réflexions sur “L’arsenic, la suite !

  1.  » Il faut descendre des marches, pousser des portes, cogner des gueules. Séduire est nécessaire. Tuer peut aider. Mentir n’avance à rien mais reste indispensable. » Tu vas toujours plus loin dans la provoc’, toi ou celui que tu cautionnes. Je craindrais de vivre avec toi. Et à la place de Tibère, ton boy-friend, je ne serais pas rassuré.

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    1. Je me doutais bien que « Mic » était revenu, sous un autre nom…
      Si j’ai écrit cet article, c’est avant tout parce que je tenais à faire partager un très beau passage d’un très beau roman. Il fait réagir, bien sûr, ce qui prouve que l’auteur a atteint son objectif avec ce texte. Et puis, si l’art (dans son ensemble, je ne m’arrête pas à la seule littérature) ne faisait plus réagir… À quoi servirait-il ? Tous les artistes, toutes les œuvres dont on se souvient ont fait réagir. De Voltaire aux Surréalistes.
      Je ne cautionne pas, cependant, les « attention-whore » pourvoyeurs de scandales en tout genre ni les « manifestes » nauséabonds (coucou Valérie T., coucou Zemmour). Pour moi, ça n’est pas de l’art.
      L’art, c’est ce qui dérange, mais en recherchant autre chose, ne serait-ce que la beauté. Enfin, c’est ma conception de l’art, et je n’ai pas réfléchi assez longtemps à la question (un prochain article tiens !)…
      Et puis, être vu comme « provocant », ou « faisant l’apologie de comportements déviants contraires à la morale publique », pour un roman consacré à Madame Bovary… Ça paraît plutôt normal, non 😉 ?

      P.S : pas d’inquiétude, je ne demande à aucun humain de vivre avec moi. Pour ce qui est des non-humains, mon chat a l’air de s’accommoder de son mode de vie.
      PS2 : Tibère n’est certainement pas mon « boy-friend ». Merci.

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  2. (J’ajoute que l’auteur parle ici d’achat de drogue, d’un personnage qui essaye de se procurer de la drogue. Partant de là, il me paraît difficile de ne pas être provocateur en parlant d’un tabou comme celui de la drogue, hein.)

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  3. Toujours ce problème de l’art et de la morale ! Je suis heureux que des gens (surtout des hommes) puissent acquérir des oeuvres du Divin Marquis à la FNAC mais je n’irai pas les sauver d’un autodafé le jour où de vilains réacs en feront un feu de joie, au risque de prendre un mauvais coup. Quant au fait d’avoir deviné mic sous révérend prouverait, s’il en était besoin, que tu es rusée comme le goupil. Par contre, le dévoiler à la blogosphère ne relève pas, madame de Merteuil, d’un procédé très élégant.

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    1. Toujours le différend Antigone/Ismène. Moi j’irais les sauver, les bouquins. Sauf si c’est du Lamartine ou du Dumas, parce que oh, y a des limites !
      J’ai produit l’effet de surprise escompté. Pour l’élégance, on verra plus tard.

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  4. Je conçois très bien qu’à ton âge on ait des vapeurs métaphysiques et qu’on puisse cacher son visage derrière un livre. Je te conseille vivement de pratiquer assidûment une activité sportive afin de mieux encaisser des commentaires qui ne vont pas toujours dans le sens du poil (du tien).

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      1. D’où ton intérêt pour Voltaire. L’ironie est condescendante : dire le contraire de ce qu’on pense en faisant comprendre le contraire de ce qu’on dit. Attitude supérieure de ceux qui ont fait du grec. A Voltaire j’oppose la pureté de Rousseau, qui aurait pu dire comme Racine :
        « Le jour n’est pas plus pur que le fond de mon coeur » (Phèdre).
        A ma connaissance, le seul alexandrin monosyllabique de la langue française. Si tu en connais d’autres…

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      2. Moui, n’empêche qu’on peut faire les deux : faire de l’ironie ET laisser parler la « pureté » de ses sentiments… Et puis, le monde serait tellement ennuyeux s’il n’y avait que du premier degré…
        Je n’ai jamais lu Rousseau, donc je ne me prononce pas.

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      3. Oh, et j’ajoute qu’il me paraît complètement absurde de devoir CHOISIR entre Voltaire et Rousseau. Comme il est absurde de dire, par exemple, qu’on ne peut pas aimer ET Racine ET Hugo à la fois, pour la simple raison que leurs doctrines littéraires sont contradictoires.

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