La poésie du mercredi (#57)

J’ai découvert le poème d’aujourd’hui… grâce à la RATP. Plus précisément dans le métro : si vous êtes dans la région parisienne et empruntez régulièrement le métro, vous l’avez donc peut-être croisé, surtout si vous prenez la ligne 7…
Il s’agit d’un poème de Claude Roy, « L’Orme malade », extrait de son recueil Le Voyage d’automne, datant de 1987.

L’ORME MALADE

Le grand arbre calme allait de soi
Les oiseaux habitaient ses étages
depuis les moineaux-friquets au premier
jusqu’au couple de hulottes au sommet
Les enfants y bâtissaient des maisons aériennes
aussi cachées que celles du Robinson Suisse
On ne pensait pas à l’orme comme à un vivant
puisqu’il était la vie sans nom de personne
On disait « l’arbre » et le vent répondait
Aujourd’hui l’arbre va très mal
Il est malade            Il va mourir
Il se dessèche et roussit
comme s’il était incendié du dedans
Vivant ce n’était qu’un arbre
Mort c’est un vieil ami mort
Il aurait dû verdir bien plus longtemps que nous
Il s’en est allé le premier.