In mist she was standing – II.

Je n’avais jamais publié la seconde partie d’un très long poème d’avril 2016.  WordPress a massacré la mise en page… Je vous invite à commencer par la première partie !

 

mais l’image d’une barrière

est encore là depuis toujours

et tu passes au travers

le pré humide

 

il est du vert dont tu rêvais

et ses mottes sont molles

comme de la terre à modeler

les barrières cependant

certaines sont tombées

pour d’autres est le bois entamé

creusé / ravagé

ÉVIDÉ

car le bois trop tendre

pourrit ses fibres

sous ces climats

facilitant le commerce et le pâturage
sur certains

( – qu’est-ce donc poteaux piliers ou colonnes ? –

suspension des barrières et comme leur point central)

sur certains donc le bois s’écarte

comme troncs

bifides d’oliviers

scintillants de gluances

à décourager les ongles

y compris les plus noirs

Et restent tendus

entre les pitons penchés

tordus ou effondrés

les fils

métal de toutes les peurs barbelés de chaque Histoire

les écarter sans que la

main trop claire encore ait dans sa viande

encore lisse le tracé

du fil barbelé

minuscules bouquets | leurs pointes guettent

de fer enroulés | à tous vents sauf au Sud
l’arrivée des pillards

de la boue des cailloux

s’arriment à tes semelles

que tu dois subjuguer

comment les écarter avant tout

comment s’agirait-il de t’approcher

tu ne sais pas encore s’il sont électrifiés

et ton souffle se cache au fond de tes rognons
tu finis par tenter tu avances une main

que tu voudrais moins froide

plus sûre sereine

accrochant à tes doigts qu’aucune fée ne craint

la torsade fleurie de ces métaux rouillés

***

tes yeux s’abritent au fond de tes orbites

et la membrane extérieure

sur laquelle tu peins des tableaux monochromes ou abstraits

(aux couleurs terreuses n’osant pas celles trop claires)

et la membrane extérieure qu’au matin tu repeins

les abrite en jouant de couleurs en ocelles

vas-tu passer ta tête ton crâne

et tes cheveux que tu voudrais plus fins

vas-tu passer la main tient-elle assez la force sous tension

des fils barbelés

***

au lointain l’église

émerge de la brume

et les mains savantes

recouvrent leur clarté

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In mist she was standing – I.

Première partie d’un poème daté d’avril 2016 que je viens de retrouver. Le projet final est censé être composé d’un tableau et du poème, mais il m’est impossible de vous donner une image du tableau ici pour des raisons indépendantes de ma volonté… 

 

dans son odeur de bois vert

s’élève, grince et

se convulse

le télescope à voir dessus

les mains savantes

l’érigent

le souple lien

de cuir percé

segmente la lumière

calmes

les arbres dans

l’air désespéré

(voici que l’écran

à fixer les images

se laisse imbiber de lumière

à travers

les carreaux opaques)

l’interrogatoire

du plan gravé

de petits points

en relief régulier

(par la pulpe du

sensible arrêté

encore presque incertain)

DRAME (subit)

l’ultime refuge du châssis :

de transparence fine

aux doigts collante

la mince protection plastifiée

roulée impitoyable

condamnée à ne plus recouvrir qu’elle-même

dans l’ombre, dans

l’autre coin de la chambre

par quelles opérations

de la main lucide

la projection

sera-t-elle matière

(en faisant tomber

parallèlement

les barrières

peut-être l’idée entraînée

dans la fumée-torpeur

acceptera-t-elle

de se laisser surprendre

empâter ? –

dans la couleur

au contact luisant)

se répercutent les ombres

raclant

la lucide au-delà du temps

toile

la fumée réduit

la braise

aux dents serrées

***

la brume défie sa création

entre rayons d’ombre

et rails obstinés

danse

penchée attentive

et chassant le criquet

aux reflets inhumains

c’est la mélancolie du premier jour

lorsque le blanc trahit

la nuit

le ciel chancelle

le ciel se plombe

il est livide // il va mourir

le jour livide te cramponne l’intestin

tu étais protégée alors

dans la nuit imprécise aux objets vagues

ils se déplaçaient

selon ta voix et ton angoisse

(ô lampe

des chemins creux

la nuit t’étouffe)

dans ton propre combustible

avant que ne s’abatte la nuit ardente

des criquets du jour

préservez encore un instant

solitude

de ces lieux ennuités

l’intimité

qui se déchire

le blanc se lève et

c’est soudain la brume

tu repenses aux immeubles

à en vouloir vomir

le blanc se lève et

c’est soudain la brume

qui se délite devant toi

comme cet archer trop lâche

bientôt

on te verra

mains savantes

l’artiste nue

alchimise la toile

cet échafaud

Mais (malheur)

tu passeras au large de la brume

et des criquets

de l’angoisse

la brume avait le goût

des poubelles éventrées

d’un homme ivre errant

et de plastique brûlé

LES FLAQUES D’EAU

DÉMULTIPLIENT LES INSTANTS

DÉMULTIPLIENT LE TEMPS

À L’AIDE

à l’aide

condamnée à la mine

crissant sur le lin blanc.