La poésie du mercredi (#37)

Bonjour à tous ! Le poème du jour, c’est « Au Pavillon des lauriers » d’Alain Bashung, extrait de son album Fantaisie militaire (1998) :

AU PAVILLON DES LAURIERS

des toges me toisent
des érudits m’abreuvent de leurs fioles
à quoi c’est dû
cette assiduité
à sillonner sans répit ma macédoine
à quoi c’est dû

au pavillon des lauriers
il est tard pour se demander
à quoi c’est dû ces lauriers
à quoi c’est dû
ces chaluts qui n’entravent que l’océan

au pavillon des lauriers
il faut voir à ne célébrer
que l’insensé

je veux rester fou

derrière mes paupières
filent des régates
mes années-lumière
ne sont pas des lumières
mais je veille
sur un grain de toute beauté
un grain de toute beauté

à quoi c’est dû
ces attributs
à quoi c’est dû
ce duvet pachyderme
ces alizés camisolés
à quoi c’est dû

au pavillon des lauriers
il est tard pour se demander
à quoi c’est dû ces corvées
à quoi c’est dû
ces résidus d’amour aveugle

au pavillon des lauriers
il faut croire qu’on a savonné
la liberté

je veux rester fou

j’adresse aux rivières
des lettres de brume
les anniversaires
j’ai l’air dans la lune
mais je veille
sur un grain de toute beauté
un grain de toute beauté

à quoi c’est dû
à quoi c’est dû

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