La poésie du mercredi (#39)

Notre invité du jour est anglais, romantique et mort depuis 193 ans, 2 mois et 15 jours : il s’agit du poète Percy Shelley avec « Ozymandias », composé en 1817.

OZYMANDIAS

I met a traveller from an antique land,
Who said : « Two vast and trunkless legs of stone
Stand in the desert. Near them, on the sand,
Half sunk, a shattered visage lies, whose frown,

And wrinkled lip, and sneer of cold command,
Tell that its sculptor well those passions read, 
Which yet survive, stamped on these lifeless things,
The hand that mocked them and the heart that fed,

And on the pedestal these words appear :
« My name is Ozymandias, king of kings :
Look on my works, Ye Mighty, and despair ! »

Nothing besides remains. Round the decay
Of that colossal wreck, boundless and bare,
The lone and level sands stretch far away.

Manque

un matin dans le désert la brume se tait et les routes se croisent
on dirait qu’une main se terre et surgit devant les lions affamés
qui bâillent de froid dans les ossements rajeunis

les cimetières fleuris

J’aurais marché pendant des jours sans jamais m’arrêter ailleurs que dans les arbres et j’essaie de venir voir les vents qui se cachent comme les hirondelles au printemps
le principal accord a été signé depuis deux cents ans sans effet on se demande bien pourquoi les pelotes de fil ne se sont pas révoltées avant
et depuis deux cents ans tous les humains partent à la dérive sans se douter qu’un jour la mer reviendra car elle a été domestiquée mais ses dents sont toujours là et –
certaines boules de feu s’endorment sans se méfier des friches industrielles, grave erreur ! et des orties se joignent aux vagues pour sortir de la paix inutile

TOUT LE MONDE S’ENNUIE SUR LA TERRE

il n’y a plus de héros
temples dévastés conservés protégés

*

On attendrait la pluie et on aurait tort.

Dialogue

Des rocailles élégantes s’éloignent en causant
Tandis que le cortège s’effile gaiement
Dans les renoncules et les archiducs.
Seul au désert, aux pierres reflétées
Rustres d’être restées si longtemps à brûler
Un bouchon lentement se meut
Invite sa compagne de dards jetés
À danser tous deux un dernier menuet.
La noyade refuse, blessée
Le bouchon n’a pas d’yeux
Gravé corné puant il pleure
Seul dans les pierres des miroirs
Avec lenteur le bouchon pleure
Alors que se pâment les oriflammes
Dans le désert du cortège ma sœur
Parmi les élégantes aux corsets fins
Le cercueil se lasse et le bouchon pleure.