Instant-Né : Portrait

Elle danse
Dans le salon d’acajou de bois peint
La cheminée se fait fausse
Dans le miroir au cadre doré
Elle danse

La statue de bronze femme drapée
S’est dévêtue désormais terre cuite

Elle danse

C’est qu’elle est trop peu empoisonnée
Pour ne pas être la Grâce

De mouvements secs

***

Elle traverse le miroir
Le soir est parti
Dans ses hanches ses bras
Elle traverse le miroir
N’a jamais que le rythme

Pour la traversée

Elle danse
Où sommes-nous
Elle a sans doute une heure
Traversé l’espace

***

J’ai disparu
Encore

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Gamme

Chaude amplitude rougeoyante orangée

Vibrante et immobile comme un caveau mité

Début choisi de but choyé échu aux cercles

Toute-puissante.

Agaçante acidulée, jaune vif et vert acide

Aux accords ironiques d’étagère tordue

Légèreté grimaçante hé, la grattouille (à tribord !)

Réveil de moqueur.

Azur canardé, moyen de sa mélancolie

Tes rêves sonnent en camaïeu bleui

De ses plaintes heureuses en grappes

Langueur et volupté timide – passiflore.

Volontaire et foncé, rocailleux et léger

Rictus ou de haine ou de fascination

Semeur de trouble, de grilles hérissées

À l’arrière-goût de faisandé.

Soleil, au milieu (dont le nom est tiré ?), éclairage

Heureux : misère en contrebas, tristesse du haut

Recul sur la rose. Jaune déclarant ! éclatant

Mélodieux car en apprentissage.

Mauve, violine et délicat. Son dégénéré.

Effrayant et recomposé ; attiré par le fa

Mais en version édulcorée naturellement

Entre-deux le provisoire est cyclique.

Presque ! Tremblé point de rupture

C’est une bascule si claire d’un blanc-bleu suggéré

Déjà plus là tout à fait

À l’extrémité, ça disparaît.