La poésie du mercredi (#54)

On a dit beaucoup de mal de Musset ici : il est temps de lui rendre justice en lui consacrant un mercredi. Son œuvre poétique reste mélodieuse et agréable à lire, malgré ce que certains disent de lui…
Le poème d’aujourd’hui, « La Chanson de Fortunio », est extrait des Poésies nouvelles de 1836.

LA CHANSON DE FORTUNIO

Si vous croyez que je vais dire
Qui j’ose aimer,
Je ne saurais, pour un empire,
Vous la nommer.

Nous allons chanter à la ronde,
Si vous voulez,
Que je l’adore et qu’elle est blonde
Comme les blés.

Je fais ce que sa fantaisie
Veut m’ordonner,
Et je puis, s’il lui faut toute ma vie,
La lui donner.

Du mal qu’une amour ignorée
Nous fait souffrir,
J’en porte l’âme déchirée
Jusqu’à mourir.

Mais j’aime trop pour que je dise
Qui j’ose aimer,
Et je veux mourir pour ma mie
Sans la nommer.

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