La poésie du mercredi (#9)

Est-ce que vous connaissez Félix Arvers ? Non, je dis ça parce que je viens de découvrir, un peu par hasard, un de ses poèmes, intitulé « Pour elle » et extrait du recueil Mes heures perdues, paru en 1833.

Pourquoi ce poème en particulier ? Parce qu’il parle à tous ceux (et toutes celles, aussi) qui se font friendzoner par la fille qu’ils aiment. Triste. Alors voilà, cadeau, avec tout mon soutien :

« Pour elle »

Mon âme a son secret, ma vie a son mystère,
Un amour éternel en un moment conçu :
Le mal est sans espoir, aussi j’ai dû le taire,
Et celle qui l’a fait n’en a jamais rien su.

Hélas ! j’aurai passé près d’elle inaperçu,
Toujours à ses côtés, et pourtant solitaire.
Et j’aurai jusqu’au bout fait mon temps sur la terre,
N’osant rien demander et n’ayant rien reçu.

Pour elle, quoique Dieu l’ait faite douce et tendre,
Elle suit son chemin, distraite et sans entendre
Ce murmure d’amour élevé sur ses pas.

À l’austère devoir pieusement fidèle,
Elle dira, lisant ces vers tout remplis d’elle
« Quelle est donc cette femme ? » et ne comprendra pas.

À la semaine prochaine !