soliloque VII.

T’à nouveau voici, si peu ta masse conservée dans le vide.

Alors tu desserres les poings, et écartes tes cheveux : alors, et comment n’y as-tu pas pensé plus tôt ? tu regardes le vide en face.

(Qu’aurais-tu vu ? La nuit, sans doute ; quelques formes, peut-être ; ta foi morte, dans les ronces de la colline, moquée par le cadenas de la grille bleue. Mais : pesant à peine, et tremblant à travers la brume du vide, une pièce vaste que tu ne connais pas.)

Le vide s’éparpille, puis se reforme, autour de toi.

Tu n’es plus engluée, ou perdue dans des spirales dont la gravité écrase tes os et maltraite ta peau ; tu ne peux pas non plus faire un pas sans que le vide t’enveloppe, et, prévenant tes gestes infimes, les nimbe d’un trait plus pur. Tu apprends à regarder à travers son écran, qui n’est sombre ni clair, mais plutôt comme une étoffe d’eau ; tu te revêts du vide, et s’il t’assourdit, il te leste aussi, te caparaçonne de lui.

Recouverte d’eau vive, tu te penches et d’autres apparaissent. Buée sur les vitres de la salle ; buée sur ses paupières ; buée, à travers laquelle s’élève la femme ignorant le vide, mais dont la peau en est tissée et la bouche un cratère fumant. Elle se serait dissoute dans la nuit sans ces lumières absorbées qui la dessinaient en contre-jour ; ici, dans ce qui ne connaît que le gris, elle en ressort à peine plus fumeuse, et te regarde finalement.

Tu es seule devant elle qui déchire sans effort ton travail du jour – quelques lambeaux blancs qui te recouvrent les pieds.

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