La poésie du mercredi (#28)

Nous voici arrivés à l’avant-dernier poème de ce cycle Jaccottet…

7.

Parler donc est difficile, si c’est chercher…  chercher quoi ?
Une fidélité aux seuls moments, aux seules choses
qui descendent en nous assez bas, qui se dérobent,
si c’est tresser un vague abri pour une proie insaisissable…

Si c’est porter un masque plus vrai que son visage
pour pouvoir célébrer une fête longtemps perdue
avec les autres, qui sont morts, lointains ou endormis
encore, et qu’à peine soulèvent de leur couche
cette rumeur, ces premiers pas trébuchants, ces feux timides
– nos paroles :
bruissement du tambour pour peu que l’effleure le doigt
inconnu…

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3 réflexions sur “La poésie du mercredi (#28)

  1. Entre les « choses qui descendent en nous assez bas », « qui se dérobent » en leur vague abri même au « masque plus vrai que le visage » – trouvaille grande de simplicité- et le « long tuyau » que le poète selon Flaubert doit plonger dans les profondeur pour faire rejaillir en gerbes ce qui y repose et s’y cache, difficile de ne pas entendre comme une résonnance! Les « grands invisibles » chers à Breton communiquent…
    poétique plomberie.

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