La poésie du mercredi (#19)

Bonjour à tous et bon mercredi !
L’invité du jour est Antonin Artaud, poète, essayiste (Van Gogh, le Suicidé de la société), théoricien du théâtre (Le Théâtre et son double, Le Théâtre de la cruauté), dramaturge, comédien… Il a notamment fréquenté les Surréalistes avant de s’en éloigner, leur reprochant entre autre une poésie trop esthétisante et délicate.
« La Nuit opère » est tiré du Pèse-Nerfs et autres textes, publié en 1956 à titre posthume.

LA NUIT OPÈRE

Dans les outres des draps gonflés
où la nuit entière respire,
le poète sent ses cheveux
grandir et se multiplier.

Sur les comptoirs de la terre
montent des verres déracinés,
le poète sent sa pensée
et son sexe l’abandonner.

Car ici la vie est en cause
et le ventre de la pensée ;
les bouteilles heurtent les crânes
de l’aérienne assemblée.

Le Verbe pousse du sommeil
comme une fleur ou comme un verre
pleins de formes et de fumées.

Le verre et le ventre se heurtent,
La vie est claire
dans les crânes vitrifiés.

L’aréopage ardent des poètes
s’assemble autour du tapis vert
le vide tourne.

La vie traverse la pensée
du poète aux cheveux épais.

Dans la rue rien qu’une fenêtre,
les cartes battent ;
dans la fenêtre la femme au sexe
met son ventre en délibéré.

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Une réflexion sur “La poésie du mercredi (#19)

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