Alcyon

Au menu d’aujourd’hui : du dessin et un poème !
Le dessin est celui d’une jeune dessinatrice (très) talentueuse, qui se fait appeler Ram. Allez donc voir sa page Facebook !
J’aime beaucoup son style mais un dessin en particulier m’a frappée. Je lui ai demandé si je pouvais écrire dessus, elle m’y a autorisée, donc voilà le résultat !

image

ALCYON

Lorsque les ongles auront disparu
Que les grillages seront lancés
Vers les grottes de craie trompeuses

Lorsque tu marcheras dans les rues
En regardant les pavés se noyer

Tu diras
Que ce n’est qu’un début
Et les airs et les arbres
Ne seront plus que le sang dilué
Des enfants dont on fait les manteaux de fourrure

Et tu iras tout droit
Sur la route blanche et bleue
Désert aux éclats d’oiseaux coupants
Qui fend les pieds de ceux qui le voient
Et tu iras tout droit
Et tout droit encore
Jusqu’à la silhouette haute et immobile
Comme un chien immolé par le feu qui court en ricanant
Comme un pendu aux lèvres grouillantes de bonheur

Et ce sera comme une apparition

Celle qui s’interroge te tournera le dos
Et tu suivras ses mots
Qui voltigent mouches irisées à ses côtés
Ses mains potelées
Ses yeux trop vides
Son crâne d’oiseau

Et tu suivras ses mots

Vous irez seules vers la colline.

Publicités

9 réflexions sur “Alcyon

  1. J’aime beaucoup le texte, c’est vraiment vraiment beau! Big up aux « enfants dont on fait les manteaux de fourrure », ça doit être sympa tes séances shopping.

    La dessinatrice se débrouille plutôt bien aussi! Je suis sur sa page FB là, c’est plutôt sympa! 🙂

    Aimé par 1 personne

  2. Belles hallucinées. La jeune fille au crâne d’oiseau mort et au sexe incertain figure l’hallucination d’une amoureuse. Et celles du texte, en plein désert sous le soleil des apparences, (mention spéciale aux « grottes de craie trompeuse ») entre chiens en feu et oiseaux coupants incarnent symétriquement l’amour des halluciné(e)s. La fille-oiseau du dessin nous fait face (mais qui regarde-t-elle?); celle du poème nous tourne le dos. Elle est déjà ailleurs, vers la colline, où seuls les mots peuvent nous mener.

    Aimé par 1 personne

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s